Tribune : Que faut-il réellement changer pour inclure davantage les femmes africaines dans les process décisionnaires ? SEFORA KODJO

Ces derniers jours, j’ai écouté des experts défendre des positions différentes sur un point intéressant qui a été mis sur la table.

Que faut-il réellement changer pour inclure davantage les femmes africaines dans les relations internationales et dans les process décisionnaires ?

J’ai alors pensé : “ COMMENT est-ce que cela s’est-il passé pour moi et pourquoi ?”. La réponse était simple: “j’ai pris BEAUCOUP de temps à me former”

La question de la formation revient plusieurs fois quand il s’agit de confirmer notre expertise et donc notre légitimité à faire partie du processus de décision.

Parler c’est bien, mais connaître c’est mieux. Être EXPERT dans ce que nous disons et faisons nous impose naturellement dans un écosystème qui peut-être très souvent discriminant.

Les gens respectent la connaissance et l’efficacité. Quand c’est l’expertise qui est mise en avant nous ne pouvons qu’évoluer naturellement et peut-être qu’à ce moment la question de la représentativité serait moins challengeante … peu importe l’ÂGE, le SECTEUR ou le GENRE.

La formation est une clé qui ouvre beaucoup de portes. Il est nécessaire de toujours en faire une priorité.

Sephis Sefora Kodjo

Qui est la Présidente et fondatrice de la Fondation Sephis?

Sefora Kodjo est une femmes leader Ivoirienne qui a fait pratiquement toutes ses études en Côte d’Ivoire. Elle est actuellement titulaire d’un Bachelor en Administration des affaires et est en instance de finalisation d’un master en étude de développement.

A l’âge de 19 ans, elle décide s’engager dans des activités communautaires. Sefora est étudiante à cette époque, elle n’a donc aucun revenu. Elle décide alors de faire des actions simples comme des réunions avec les étudiants de son université pour les inciter à avoir une autre vision de leur vie. Celle d’une vie qui impacterait positivement le développement. Petit à petit avec l’appui de ses amis, elle lance des campagnes de sensibilisations basées sur la promotion du leadership et de l’autonomisation de la jeune fille. Ces campagnes sont soutenues par des bénévoles à qui elle aura expliqué le sens des valeurs civiques, l’envie d’aider leur pays par des actions pacifiques mais surtout l’importance du don de soi.

Chaque année elle lance une collecte de vivres et non vivres pour soutenir les orphelinats ou centres pour enfants. Ces actions ont suscité l’intérêt de plusieurs médias qui l’ont sollicité pour des interviews. A seulement 23 ans, elle est sélectionnée par le département d’Etat Américain comme Jeune Leader et bénéficiera d’une formation au Etats-Unis et participera au sommet présidentiel pour les jeunes organisé par le président Américain Barack Obama. Sefora enchaine les tournées internationales ainsi que les conférences dans son pays. Ces conférence s’ouvrent de plus en plus à un plus large public. Rien que de 2015 à 2016 elle aura organisé au moins 27 conférences et ateliers de formations.

Au cours de ses tournées, elle continue de montrer aux jeunes que c’est possible de commencer sans rien mais juste avec l’ambition de contribuer au bien de sa communauté pour devenir un incontournable du système. Elle prouve à tous que agir pour le développement n’est ni une question de genre, ni une question d’âge. “

Portrait par Touré Mamadou